Villefranche de Rouergue, bastide royale du 12ème siècle : 750 ans d’histoire
Posted by arthistoire on juin 17th, 2009
Villefranche, ville nouvelle du Moyen Age, d’où son appelation de bastide, se situe au point de contact entre le plateau du Ségala rouergat et du Causse Quercynois. Relativement épargnée par les différentes guerres, la ville a su garder son aspect d’autrefois et son authenticité.On se sait que peu de choses avant la fondation en 1252 par Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX (le futur saint Louis) : la rive gauche était occupée par un village primitif de mineurs exploitant les gisements de plomb argentifère de la région. Villefranche fut installée sur la rive droite de l’Aveyron, juste après que celui-ci ait reçu les eaux de l’Alzou et soit sorti de ses gorges. La construction de la collégiale démarre dès 1260.
Sa position de carrefour, à la croisée des anciennes voies romaines reliant Montauban à Montpellier pour l’une et Rodez à Cahors pour l’autre, ainsi que les nombreux privilèges et exonérations fiscales dûs à son statut de ville nouvelle, assurèrent à Villefranche une forte prospérité basée non seulement sur le commerce mais aussi sur l’exploitation des mines des alentours, notamment à partir de la 1ère moitié du 14ème siècle. C’est à cette époque que la ville nouvelle est reliée à la rive gauche par le pont des Consuls (1320-1325) et que la fontaine publique du Griffoul, vasque monolithe, est installée (1336-1340). En 1369, Vilefranche devient, sur décision royale, le siège du sénéchal du Rouergue. Le Roi de France décrète aussi l’ouverture d’un atelier monétaire.
Au milieu du 14ème siècle, en 1347, la ville qui, jusque là, était ouverte se dote de remparts : c’est le début d’une période de 150 ans où vont régner l’anarchie et la confusion avec comme toile de fond la guerre de Cent Ans et la menace endémique de la peste. En effet, Villeranche est située à la limite des territoires français et des territoires anglais (la ville sera donnée aux anglais par le traité de Brétigny en 1360 et reprise par le Roi de France en 1369). C’est aussi l’époque de la Peste Noire qui va décimer entre 30 % et 50 % de la population européenne en 5 années (1347-1351).
Malgré cette période difficile, Villefanche va contiuer de propérer jusqu’au 17ème sicle, au détriment des bastides voisines de Najac et Villeneuve qui connaissent un lent déclin depuis la seconde moitié du 14ème siècle. Au 17ème siècle, on peut même parler d’un véritable rayonnement de Villefranche dans une aire d’influence de plus en plus vaste. Mais une fois de plus, la menace de la peste se fait jour (épidémie de 1628) et surtout la taxation fiscale de la part d’une monarchie toujours en guerre se fait de plus en plus lourde et affaiblit fortement l’économie française, entraînant des révoltes paysannes et du petit peuple urbain. Villefranche n’y échappe pas (émeutes de 1627 et 1643). En 1643, environ 5 000 croqants assiègent la ville mais les émeutiers sont très rapidement matés par les troupes royales.
A la fin du 18ème siècle, Villefranche paye chèrement sa fidélité au Roi et ne bénéficie aucunement des faveurs du nouveau pouvoir révoutionnaire. La ville amorçe un lent et long déclin. Lors de la création des départements, toutes les fonctions administratives sont transférées à Rodez qui devient la capitale du département et Villefranche n’est plus qu’un gros bourg. Tout au long du 19ème siècle, la ville stagne autour de 9 000 habitants
Même l’arrivée du chemin de fer en 1858 ne pourra pas lutter contre l’étiolement de Villefranche car elle se trouve à l’écart des grandes voies de circulation : la ligne directe Paris-Toulouse passe plus à l’ouest, à Cahors et le noeud ferroviaire avec Clermont-Ferrand se développe plus au nors, à Capdenac.
L’entrée dans le 20ème siècle est synonime de renouveau pour Villefranche. Curieusement, le renouveau vient du plateau du Ségala dont les terres étaient réputées peu fertiles. Mais le développement de la mécanisation va permettre d’enrichir la terre et l’exode rural concentre la propriété foncière entre quelques mains. Villefranche devra fournir à ces nouveaux exploitants des médecins des notaires, des écoles et des commerçants. Les deux guerres mondiales donneront, comme partout en Europe, un coup d’arrêt à ce développement. Mais l’après-guerre et la période des Trente Glorieuses relanceront le processus.
Villefranche est aujour’hui une petite ville de province qui sent déjà bon le sud avec ses tuiles rondes et surtout on y cultive avec beaucoup de talent le “bon vivre”.
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